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M1

Apple, conceptrice du M1, ou la pomme en pleine innovation (crédit Sherwin Sibala)

Le Apple M1 est un SoC, entendez par là un microprocesseur tout intégré qui se suffit à lui-même, à l'opposé des microprocesseurs classiques, qui font appel à d'autres puces spécialisées pour fonctionner.

Bien sûr tout cela n'est pas nouveau ; initiée par ARM, cette architecture peu gourmande en énergie a conquis le monde de l'ultramobilié depuis 10 ans, smartphones et tablettes en tête.

La première nouveauté, c'est que ce SoC-là est conçu pour animer une gamme complète d'ordinateurs, de plus modeste au plus puissant ; la seconde, c'est que ces ordinateurs sont des Mac !

Et cela n'a l'air de rien, mais pour ses ordinateurs, le constructeur de Cupertino se fournissait auparavant chez Intel, qui met en avant une autre architecture, le X86 CISC (un jeu d'instruction dit complexe). Or le nouveau M1 est bâti autour d'une architecture RISC (un jeu d'instruction dit réduit) ce qui implique à terme, une réécriture de l'ensemble des logiciels conçus pour fonctionner sur Mac...

Avant cela, pour gérer l'existant, il y a Rosetta 2, un émulateur intégré à MacOS chargé d'interpréter, à la volée, les instructions pour les traduire en langage compréhensible par la nouvelle architecture du M1, ce qui introduit souvent des baisses de performances et des problèmes de compatibilité.

Dans l'histoire de la marque, c'est la troisième fois que les utilisateurs de Mac endurent une migration de cette envergure : la première, en 1994, avec le passage des Motorola 68 K (CISC) vers les IBM Power PC (RISC). La seconde en 2009 avec le basculement vers le X86 d'Intel (CISC) et la dernière en date fin 2020, avec le M1, RISC à nouveau !

Alors pourquoi une telle valse ? En premier lieu, prendre le contrôle d'un maillon essentiel de la production de ses ordinateurs, comme déjà réalisé avec les iPhone, ce qui fut plutôt bien réussi...

Ensuite, un certain flair, car l'architecture X86, bien que toujours puissante, semble moins adaptée aux produits actuels, à moins qu'Intel ne se soit trop longtemps reposé sur ses lauriers...

Et puis, un désir qui transparait : réunir les produits ultramobiles (smartphones et tablettes dotés d'un puce Cortex Apple sous licence ARM) et les ordinateurs de la marque, qui pourront ainsi partager l'ensemble de leurs applications, étendant du même coup l'écosystème d'Apple.

Alors, que propose techniquement le nouveau SoC M1 ?

Un superbe travail d'intégration qui affiche nombre de tendances actuelles, comme les coeurs de puissance différenciés et la mémoire unifiée, notamment.

Techniquement, les chiffres bruts ne sont pas ébouriffants, surtout sur la partie CPU : 8 coeurs au total, 4 à haute performance, 4 à haut rendement, traduisez ceux qui seront utilisés quand la puissance n'est pas requise, économisant de l'énergie tout en dégageant moins de chaleur. La partie graphique (8 coeurs elle aussi) est assurée par un GPU intégré, tout comme celle dédiée aux calculs d'intelligence artificielle, le Neural Engine (16 coeurs) qui semble capable de traiter 11 trillions d'opérations par seconde, selon les chiffres d'Apple...

Plus contraignant et peu documenté, la limite de mémoire vive fixée à 16 Go (de surcroit partagée entre tous les éléments, mémoire unifiée oblige !) sur les premiers ordinateurs équipés de la puce M1, une limite guère compréhensible, mais acceptable pour la plupart des utilisateurs, à l'exception de certaines catégories de professionnels et de passionnés...

Toutefois, au-delà des chiffres, le tour de force d'Apple et à saluer : on peut ne pas aimer les mémoires soudées et limitées, la politique tarifaire et les restrictions imposées par Apple sur ses systèmes d'exploitation, force est de constater qu'Apple ose le changement, même profond, même d'envergure, et dispose des moyens pour cela, comme en témoigne les excellentes performances initiales du SoC M1...

Alors où qu'il soit, et pour la première fois peut-être depuis le lancement de l'Apple Watch, Steve Jobs doit sourire en regardant l'évolution d'Apple, toujours capable de tracer une voie, ou du moins d'essayer, alors que tant d'autres se contentent de suivre...

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