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À la criée
Combien de RAM en 2026 ?
Un peu d’histoire
Depuis le début de l’année 2026, la question de la mémoire vive n’a jamais été aussi centrale, sauf peut-être pour les plus anciens d’entre nous, qui se souviennent qu’au début des années 90, la RAM qui se mesurait alors en MO (mégaoctets) n’était pas loin de valoir son poids en or, jugez-en plutôt :
En 1990, le coût de la mémoire vive atteignait allégrement 100 à 150 $ par MO…
Une barrette ou un module de 4 Mo de RAM (généralement sous forme de modules SIMM 30 broches) coûtait ainsi entre 400 et 600 dollars de l'époque (soit l'équivalent de plus de 900 à 1 300 dollars actuels après inflation !
Sans même parler du facteur espace de stockage, car aujourd'hui, on mesure les barrettes de RAM en GO, soit une augmentation d'un facteur mille en 30 ans.
Et pourquoi est-ce un problème ?
Non seulement parce que les logiciels deviennent plus gourmands, mais surtout parce que le marché traverse une crise profonde : la RAM est plus rare, donc beaucoup plus chère, et les délais d’approvisionnement s’allongent.
Pour beaucoup d’utilisateurs, la mise à niveau d’un PC n’est plus un geste anodin, mais un investissement qu’il faut planifier. Dans ce contexte, savoir combien de RAM est réellement nécessaire devient essentiel, car chaque gigaoctet compte.
La pénurie actuelle n’est pas un simple accident industriel.
Elle résulte d’une combinaison de facteurs : la transition massive vers la DDR5, la saturation des chaînes de production, l’explosion de la demande liée aux serveurs IA, et la réduction progressive des stocks de DDR4, désormais considérée comme une technologie en fin de cycle.
Les fabricants privilégient les modules haut de gamme destinés aux centres de données (la marge est plus élevée) laissant les particuliers et les PME face à une offre plus limitée et des prix en hausse.
Cette situation oblige à réfléchir différemment : il ne s’agit plus seulement de choisir la quantité idéale, mais de comprendre ce qui est réellement utile pour son usage, afin d’éviter les dépenses inutiles.
Un peu de technique
Pour un utilisateur classique, celui qui navigue sur Internet, consulte ses mails, regarde des vidéos et utilise quelques applications bureautiques, la barre des 8 Go est devenue un minimum vital.
Windows 11 consomme davantage de ressources qu’il y a quelques années, les navigateurs multiplient les onglets, et les services en arrière‑plan s’accumulent.
En 2026, 12 Go représentent le minimum confortable, même si cette capacité n’existe pas toujours sous forme de modules standards. Dans la pratique, 16 Go sont devenus la norme raisonnable pour un PC moderne, offrant une marge suffisante pour absorber les mises à jour futures et les variations de charge.
Pour les utilisateurs plus exigeants, ceux qui retouchent des photos, montent des vidéos légères, utilisent des machines virtuelles ou manipulent des fichiers volumineux, la situation est différente.
Les logiciels créatifs ont vu leurs besoins exploser, notamment depuis l’intégration de modules IA locaux qui accélèrent les traitements.
Dans ce contexte, 16 Go deviennent une base, mais 32 Go apportent un confort réel, surtout si le PC doit rester performant plusieurs années.
La pénurie actuelle rend cette capacité plus coûteuse, mais elle garantit une longévité accrue, ce qui peut compenser l’investissement initial.
Et pour les jeux ?
Les joueurs, eux, sont confrontés à une évolution rapide des moteurs graphiques.
Les titres récents chargent des textures plus lourdes, utilisent des techniques de rendu avancées et s’appuient sur des systèmes de streaming de données qui sollicitent fortement la RAM.
En 2026, 16 Go permettent encore de jouer correctement, mais les jeux les plus récents commencent à recommander 20 ou 24 Go, une tendance qui devrait se généraliser.
Là encore, 32 Go deviennent un choix stratégique pour qui veut éviter de se retrouver limité dans deux ans.
La question se pose aussi pour les PC plus anciens, encore équipés en DDR4.
La pénurie touche particulièrement cette génération, car les fabricants réduisent la production pour se concentrer sur la DDR5.
Les prix montent, les stocks diminuent, et certains modules deviennent difficiles à trouver.
Pour ces machines, il est souvent judicieux de viser 16 Go si ce n’est pas déjà le cas, car au‑delà, l’investissement perd de son sens : le processeur ou le stockage finiront par devenir les véritables goulots d’étranglement.
Dans certains cas, il peut même être plus rationnel de conserver la machine telle quelle et de planifier un prochain remplacement complet plutôt qu’une mise à niveau coûteuse.
La transition vers la DDR5 ajoute une complexité supplémentaire.
Cette mémoire est plus rapide, plus efficace, mais aussi plus chère, et les cartes mères compatibles ne sont pas toujours accessibles.
Pour un PC récent, viser directement 32 Go en DDR5 peut être un choix durable, surtout si l’on souhaite traverser la période de pénurie sans subir les fluctuations de prix.
Les modules DDR5 devraient rester la norme pendant plusieurs années, ce qui garantit une compatibilité étendue avec les futures versions de Windows et les logiciels à venir.
En 2026, la vraie question n’est donc plus « combien de RAM faut‑il ? », mais « combien de RAM est réellement utile pour mon usage, et combien puis‑je investir ? ».
La pénurie impose une réflexion pragmatique : inutile de viser des capacités démesurées si le PC n’en tirera aucun bénéfice, mais le sous-dimensionnement est risqué dans un contexte où les logiciels évoluent rapidement, en grande partie grâce à l’IA.
Alors, quelle quantité ?
Pour la majorité des utilisateurs, 16 Go représentent l’équilibre idéal.
Pour les créatifs, les joueurs et les professionnels, 32 Go assurent une tranquillité durable. Au‑delà, les gains deviennent marginaux, sauf dans des cas très spécifiques.
Conclusion
La mémoire vive reste l’un des composants les plus déterminants pour la fluidité d’un PC.
En période de tension sur le marché, bien choisir sa capacité doit être un acte réfléchi, à moins d’avoir les poches particulièrement profondes.
Comprendre ses besoins, anticiper les évolutions logicielles et tenir compte de la pénurie permet de faire un choix éclairé, sans céder aux effets de mode ni aux recommandations excessives.
En 2026, la RAM n’est plus seulement une question de performance : c’est une question d’équilibre, de budget et de vision à long terme.
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